Parce que l’équipe de Graffitigre a plus d’un tour dans son sac et plus d’une corde à son arc, nous avons eu l’opportunité d’interviewer le graphiste Jérémie Fischer ! En effet, en connaître d’avantage sur sa manière d’aborder les ateliers avec les enfants nous chatouillait trop les rayures !

Voici ci-dessous un extrait de cette rencontre et si vous en voulez encore allez faire un tour ici.
Bonne lecture à tous !

« On note plusieurs résidences où tu as été amené à travailler avec des enfants : Atelier correspondance, Atelier chutes de papier, Atelier Eléphouris… On pense également à ton travail en résidence à Roanne où les leporellos « Hululement », « Calligrammes » et « l’école des trois amis », ont sacrément fait chavirer le coeur d’Index Grafik ! Comment parviens-tu à mettre en place ce genre de projet ? (…)
Ta posture nous sensibilise tout particulièrement, aussi par ce que ton rôle en tant que graphiste-illustrateur va bien au delà de faire « une belle image ». Chef d’orchestre, pédagogue, faiseur de livres, coordinateurs…comment toi tu vois ta place là dedans ?

Je ne contacte pas moi même les structures (écoles, médiathèques, associations…) pour réaliser ce genre d’interventions. Ce sont des propositions qui entrent souvent dans le cadre d’un PLEAC (Plan Local d’Education aux Arts et à la Culture), cela prend la forme d’une résidence-mission de 1 ou 2 mois qui se déroule exclusivement autour d’un projet de médiation et qui va être organisée par un acteur culturel (asso, médiathèque) qui travaille avec la communauté de communes et qui est en partie financée par la DRAC. C’est ce type de résidence que j’ai effectué à Roanne, dans le Pays Roussillonnais et récemment dans les Pyrénées.
J’ai pu, lors de ces résidences, mener des projets d’éditions avec les classes, des projets plus ou moins liés à mes recherches du moment, ce qui à donné des livres accordéons à Roanne, ou la collection de livres animés à spirale en vallée du Rhône. Nous avons eu la chance à chaque fois de pouvoir imprimer les livres des enfants en sérigraphie, ce qui donne un résultat très qualitatif et permet aux classes de comprendre la chaîne du livre en passant par toutes les étapes de fabrication (format, impression, reliure…). C’est d’ailleurs dans les Pyrénées que le travail a le plus été abouti d’un point de vue pédagogique car ce sont les enfants eux-même qui ont pu imprimer leurs couvertures grâce à une sérigraphe locale qui se déplaçait dans les écoles.

Je n’ai pas vraiment de tranches d’âges préférées, ne sachant pas réellement à quelle tranche d’âges s’adressent mes livres. Dans le Pays Roussillonnais je travaillais surtout avec des grandes sections de maternelles (et des élémentaires pour réaliser des fresques en papier découpé), c’était parfait pour travailler de façon expérimentale dans des petits livres quasi-abstraits. Dans les Pyrénées je ne voulais pas de maternelles et préférais les élémentaires car le projet faisait intervenir des notions de déplacement et de temporalité pas évidentes pour les petits. J’essaie de m’adapter à chaque fois, en gardant en tête les notions de plaisir, d’échange et d’expérimentation. Je ne sais parfois pas très précisément ce que va donner la rencontre en arrivant en classe, dans les Pyrénées je voulais démarrer par des randonnées avec les enfants (ce qui a pu se mettre en place grâce à une super équipe d’institutrices qui ont fait appel à des accompagnateurs montagne), puis nous avons commencé le travail de création à partir des découvertes lors de notre petite randonnée.
Il y a des envies de projets puis ces envies vont se confronter, dialoguer puis s’adapter aux envies des organisateurs, des institutrices et instituteurs, aux possibilités techniques et temporelles… »

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9 février 2019